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C’est à Slobodan Despot que je dois d’écrire dans l’Antipresse. J’en suis honoré pour mille raisons.

Elles tiennent bien sûr à la qualité des autres plumes dont je ne peux qu’humblement tenter de m’inspirer, autant qu’à l’espace de liberté grand ouvert et inlassablement entretenu par notre rédacteur en chef. Pas seulement au bénéfice de l’expression des idées mais aussi de son rigoureux corollaire, qu’est l’esprit d’examen.

Et puis l’humour n’est jamais loin, tandis que l’amphibologie s’est magistralement emparée de la meilleure place: dans le titre même, telle une gardienne de phare: Antipresse!

Certains s’arrêtent au premier degré d’une plate-forme antithétique sans y voir l’antiphrase évidente. Les autres, les antisciens, *les lecteurs de l’Antipresse, goûtent quant à eux, tel un antipasti*, la poésie du scoop anticipé ou l’antienne des «Turbulences». Qu’ils savourent la détection littéraire de l’antiptose, naviguent dans les profondeurs des stratégies antiques ou réalisent les antinomies du progrès, leur fidélité vaut bien l’antiphernal.

On aura compris que les usages de ce préfixe anti- , ici associé à des radicaux certes peu usités, peuvent être d’ordre comparatif, précursif, successif, voire supplétif et ne connotent donc pas exclusivement l’opposition.

Alors, passons le mot à tous les pressuriers de l’info d’antigère (celle des médias de grand chemin bien sûr!) : « Non, l’Antipresse n’est pas un antibiotique antisocial, c’est juste un antipresseur».

  • Article de Arnaud Dotézac paru dans la rubrique «Sur ces mots» de l’Antipresse n° 200 du 29/09/2019.