Le parti de l’Abstention est sorti vainqueur, et de loin, des dernières élections départementales et régionales françaises. Si par un retournement ironique les voix «blanches» étaient comptées, les abstentionnistes dirigeraient le pays avec une majorité absolue. Dans un roman étonnant de 2004, José Saramago avait exploré ce phénomène hautement significatif. Est-ce un hasard s’il l’a relié au problème de la cécité et de la clairvoyance?
Une déflagration nucléaire peut-elle vaincre l’hébétude européenne?
Le président américain a promis la mort d’une civilisation entière. La menace nucléaire, à peine voilée, n’a pas été mise à exécution. L’Europe, elle, n’a pas bronché. Mais ses dirigeants, découvrant qu’ils figurent au menu de l’ogre et non parmi ses convives, se fabriquent en hâte une vertu de circonstance. Cette décence d’emprunt pourrait-elle, par une ruse de la Providence, devenir le point de départ de quelque chose de plus authentique?

