Critiqué de toutes parts, pour des motifs par ailleurs plus ou moins discutables, Jean-Jacques Rousseau mérite d’être lu avec une attention renouvelée. Loin de la philosophie politique ou des questions d’éducation, les «Rêveries du Promeneur solitaire» (1776) livrent une sagesse riche et profonde dont nous pourrions sans doute tirer grand profit en ces temps ahuris. Il s’agit de retrouver dans la tourmente de ce monde le fil de la rêverie qui enchante les choses.
L’illusion de la jeunesse
Cette mythologie de la jeunesse cache un terrible mensonge, car elle naît d’une évolution que l’État totalitaire achève de précipiter. Si notre monde est obsédé par la jeunesse, c’est parce qu’il l’exclut de la société des adultes. Quand Condé et Hoche étaient...

