L’explosion en série de bipeurs piégés au Liban, le 17 septembre 2024, n’aura peut-être été qu’une diversion tactique. Son impact psychique restera pourtant plus durable que celui d’un bombardement de masse. C’est comme si nous venions d’entrer de plain-pied dans l’ère de la «vile poussière intelligente» que prophétisait Julian Assange.
Différer l’effondrement
Pour expliquer les bruits de bottes actuels en Europe occidentale, on évoque volontiers, afin de les banaliser, le précédent de la guerre froide, qui s’est achevé en 1989 avec la chute du mur de Berlin. En réalité, la comparaison ne mène pas très loin. On peut la tenter, mais ce sont surtout alors les différences qui retiennent l’attention.