On le sait, il ne se passe pas de jour sans que les dirigeants et les médias officiels n’en viennent à fustiger ce qu’ils appellent les «discours de haine», en particulier sur Internet. Eux-mêmes, faut-il le préciser, ne sont que douceur, amour du prochain, tolérance, etc. Ce n’est jamais moi qui suis haineux, c’est toujours l’autre, celui, comme par hasard, qui ne pense pas comme moi: moi, il est vrai, qui ai toujours raison. J’ai toujours raison, donc l’autre qui ne pense pas comme moi n’a pas raison mais tort. Mais la «haine» l’aveugle. Etc. Toutes sortes de lois, on le sait, existent déjà dans ce domaine. Elles se sont accumulées au fil du temps, au point, à elles toutes, de constituer aujourd’hui un dispositif impressionnant, dispositif n’ayant rien à envier à celui d’un authentique État totalitaire. Mais les dirigeants les jugent encore insuffisantes. Ils en appellent donc en permanence […]
Les guerres américaines, rempart contre le courroux divin?
«Si l’Amérique lâche Israël, Dieu anéantira l’Amérique». La phrase n’est pas tirée d’un sermon apocalyptique. Elle a été prononcée en août 2025 par le sénateur Lindsey Graham devant le Parti républicain de Caroline du Sud. On la trouverait extravagante si elle n’exprimait pas une conviction répandue parmi les élus américains et, surtout, parmi les électeurs qui les portent au pouvoir. Pour saisir ce qui se joue au Moyen-Orient, et qui échappe presque entièrement à l’Europe, il faut s’aventurer sur un terrain que les Européens ont déserté depuis longtemps: celui de la théologie.

