La plupart d’entre nous ont une fausse idée de Satan. Nous nous représentons un être doté de cornes, d’ailes, de griffes et d’une peau rouge sang; un être qui incarne la méchanceté; un être menant une guerre d’usure contre Dieu et la race humaine. Mais le Diable n’est pas qu’une figure caricaturale qui ourdit la destruction universelle (ou, dans une humeur plus badine, possédant des jeunes filles et des prêtres). Il fut un temps, pas si lointain, où il était connu pour se mouvoir dans des cercles distingués.
Une déflagration nucléaire peut-elle vaincre l’hébétude européenne?
Le président américain a promis la mort d’une civilisation entière. La menace nucléaire, à peine voilée, n’a pas été mise à exécution. L’Europe, elle, n’a pas bronché. Mais ses dirigeants, découvrant qu’ils figurent au menu de l’ogre et non parmi ses convives, se fabriquent en hâte une vertu de circonstance. Cette décence d’emprunt pourrait-elle, par une ruse de la Providence, devenir le point de départ de quelque chose de plus authentique?

