L’être humain authentique, c’est celui qui sait instinctivement ce qu’il ne doit pas faire et qui, de plus, y rechignera. Il mettra les pieds au mur, même si cela doit avoir des conséquences terribles pour lui et ceux qu’il aime. Cela, à mes yeux, constitue le trait héroïque ultime des gens ordinaires: ils disent non aux tyrans et assument sereinement les conséquences de leur refus. Leurs actes peuvent être modestes et passent pratiquement toujours inaperçus aux yeux de l’histoire. Leurs noms ne sont pas retenus, et du reste ces humains authentiques ne demandent pas à ce qu’ils le soient. Leur authenticité, je la vois dans un paradoxe: non dans leur résolution à accomplir de grands gestes, mais dans leurs refus silencieux. Dans leur essence, on ne peut pas les contraindre à être ce qu’ils ne sont pas. — Philip K. Dick, The Shifting Realities of Philip K. Dick: Selected Literary […]
Perdre sa liberté… et au-delà
Jamais on n’avait vu pareil étalage de servitude en Europe. Mais au-delà de la servitude se pose le problème de la corruption. C’est-à-dire, en l’occurrence, de l’éloignement dramatique de notre système de toutes les valeurs et finalités pour lesquelles il était conçu.