«On finit notre troisième semaine dans le Sud des Etats-Unis. On quitte gentiment la Louisiane pour le Texas. Avec, pour l’instant, un sentiment mitigé. Il y a certes partout de bien belles choses, mais la plupart des villes nous effraient un peu. Elles sont en effet comme mortes. Pas d’animation dans le centre, pas de piétons, tout a déménagé depuis des lustres dans les banlieues. Ce n’est vraiment pas le genre de villes que nous aimons.» — Olivier Toublan et Azota Pelin, voyageurs, 21.12.2015. Observe. Analyse. Intervient.L’Antipresse ne dort jamais. Restons en contact! J’y vais! Merci! Nous vous envoyons de ce pas un message de confirmation!
La Suisse ou le pivot du monde (1)
Pendant plus de mille ans, l’Occident fut le centre du monde. Et ce centre avait un cœur d’où descendaient ses eaux et par où passaient ses routes capitales: la Suisse. Si la civilisation globale, comme l’a dit l’historien Nicolas Troubetzkoy, est une invention de *l’égocentrisme romain-germanique*(1), le bloc alpin peuplé par les Suisses a joué un rôle essentiel dans cette invention. Un pays doté d’une histoire et d’une personnalité aussi singulières peut-il se noyer dans le marasme ambiant? Ses propres dirigeants, aujourd’hui, semblent penser que oui. On peut juger leur empressement à s’autoeffacer un peu… prématuré.