«Les “dissidents” russes nous disent: la Russie est à la traîne du progrès. Niet! Par un concours de circonstances, nous sommes la voiture de queue d’un train fou lancé à toute allure vers un enfer boschien où nous attendent des démons multiculturels et “dégenrés”. Il nous faut simplement détacher notre wagon, faire un signe de croix et commencer à construire notre propre monde. Reconstruire notre bonne vieille Europe. L’Europe dont nous avons tant rêvé. L’Europe qu’ils ont perdue. L’Europe de l’homme sain.»
Une déflagration nucléaire peut-elle vaincre l’hébétude européenne?
Le président américain a promis la mort d’une civilisation entière. La menace nucléaire, à peine voilée, n’a pas été mise à exécution. L’Europe, elle, n’a pas bronché. Mais ses dirigeants, découvrant qu’ils figurent au menu de l’ogre et non parmi ses convives, se fabriquent en hâte une vertu de circonstance. Cette décence d’emprunt pourrait-elle, par une ruse de la Providence, devenir le point de départ de quelque chose de plus authentique?

