Des changements tectoniques vont se produire sur la scène internationale, déclarait récemment le président Poutine. Il ne parle pas de la scène interne, mais ce qui se passe sur la scène internationale ne reste bien sûr pas sans influence sur la scène interne. Avec un peu de chance, l’Europe réussira peut-être à passer l’hiver, mais la suite n’est pas garantie. Guerre en Ukraine, réchauffement climatique, Covid, grand remplacement, etc.: on n’a que l’embarras du choix. Un nouveau monde se dessine, personne n’imagine qu’il sera plus pacifique, humain ou civilisé que l’ancien.
La Suisse ou le pivot du monde (1)
Pendant plus de mille ans, l’Occident fut le centre du monde. Et ce centre avait un cœur d’où descendaient ses eaux et par où passaient ses routes capitales: la Suisse. Si la civilisation globale, comme l’a dit l’historien Nicolas Troubetzkoy, est une invention de *l’égocentrisme romain-germanique*(1), le bloc alpin peuplé par les Suisses a joué un rôle essentiel dans cette invention. Un pays doté d’une histoire et d’une personnalité aussi singulières peut-il se noyer dans le marasme ambiant? Ses propres dirigeants, aujourd’hui, semblent penser que oui. On peut juger leur empressement à s’autoeffacer un peu… prématuré.