«…car, quoique la tyrannie puisse être paranoïaque, elle n’était pas nécessairement stupide. Si elle était stupide, elle ne survivrait pas; de même qu’elle ne survivrait pas si elle avait des principes. La tyrannie comprenait le fonctionnement de certains aspects — les aspects faibles — de la plupart des gens. Elle avait passé des années à tuer des prêtres et à fermer des églises, mais si les soldats combattaient plus opiniâtrement sous la bénédiction des prêtres, alors on ramènerait des prêtres pour leur utilité à court terme. Et si, en temps de guerre, les gens avaient besoin de musique pour se remonter le moral, alors on remettrait aussi les compositeurs au boulot.» — Julian Barnes, The Noise of Time (trad. SD). Observe. Analyse. Intervient.L’Antipresse ne dort jamais. Restons en contact! J’y vais! Merci! Nous vous envoyons de ce pas un message de confirmation!
Europe 2026: dix ans de prison pour délit d’opinion
La décence élémentaire, ou «common decency», c’est cette formule d’Orwell qui décrit le seuil minimum de civilisation. C’est Antigone qui désobéit à Créon pour enterrer son frère, c’est la compassion, c’est l’homme ordinaire qui reconnaît à l’autre les mêmes droits qu’à soi-même. Mais où est donc passée la «common decency»? Telle fut ma réaction première, celle que j’ai eue immédiatement après avoir lu les réponses que le professeur Aleksandr Gaponenko a apportées aux questions qu’il a été possible de lui faire parvenir dans sa cellule de prison.

