« Aucun des pilotes d’Hiroshima n’a eu besoin de mobiliser la quantité de haine qu’il a fallu à Caïn pour tuer son frère Abel. La quantité de méchanceté requise pour accomplir l’ultime forfait, un forfait démesuré, sera égale à zéro. Nous sommes confrontés à la « fin de la méchanceté », ce qui — je le répète — ne signifie pas la fin des mauvaises actions mais leur perfide allègement. Car rien n’est maintenant plus inutile que la méchanceté. À partir du moment où les coupables n’ont plus besoin d’être méchants pour accomplir leurs forfaits, ils perdent toute chance de réfléchir au sens de leurs forfaits ou de revenir sur eux. La liaison entre l’acte et le coupable est détruite. Ce qui reste, ce sont deux bords d’un gouffre définitivement coupés l’un de l’autre et entre lesquels on ne peut plus jeter de pont : d’un côté, le bord de […]
Une déflagration nucléaire peut-elle vaincre l’hébétude européenne?
Le président américain a promis la mort d’une civilisation entière. La menace nucléaire, à peine voilée, n’a pas été mise à exécution. L’Europe, elle, n’a pas bronché. Mais ses dirigeants, découvrant qu’ils figurent au menu de l’ogre et non parmi ses convives, se fabriquent en hâte une vertu de circonstance. Cette décence d’emprunt pourrait-elle, par une ruse de la Providence, devenir le point de départ de quelque chose de plus authentique?

