La tenue récente du G7 dans la ville atomisée par les Américains en 1945, ainsi que les incriminations qui y ont été entendues, ont choqué et mis en colère bien des personnes dotées d’une conscience morale et de quelques notions d’histoire. Parmi les réactions que nous avons reçues, nous avons retenu deux textes bien argumentés, de nos contributeurs réguliers Gérard Conio et Claude Haenggli, qui justement soulignent le cynisme de cet événement en rappelant son arrière-plan historique et humain. Nous les publions ici l’une à la suite de l’autre.
Une déflagration nucléaire peut-elle vaincre l’hébétude européenne?
Le président américain a promis la mort d’une civilisation entière. La menace nucléaire, à peine voilée, n’a pas été mise à exécution. L’Europe, elle, n’a pas bronché. Mais ses dirigeants, découvrant qu’ils figurent au menu de l’ogre et non parmi ses convives, se fabriquent en hâte une vertu de circonstance. Cette décence d’emprunt pourrait-elle, par une ruse de la Providence, devenir le point de départ de quelque chose de plus authentique?

