C’est officiel. La ligue de l’Abstention est désormais, et de loin, le premier parti de France. Beaucoup se sont inquiétés de sa montée lors du premier tour des législatives, quand elle titillait la barre des 50%. A l’issue du second, comme elle avait crevé le plafond, les imprécateurs ont jeté l’éponge, découragés. Ou bien ils s’incrustaient déjà, à pas de loup, dans le nouveau fromage.
Une déflagration nucléaire peut-elle vaincre l’hébétude européenne?
Le président américain a promis la mort d’une civilisation entière. La menace nucléaire, à peine voilée, n’a pas été mise à exécution. L’Europe, elle, n’a pas bronché. Mais ses dirigeants, découvrant qu’ils figurent au menu de l’ogre et non parmi ses convives, se fabriquent en hâte une vertu de circonstance. Cette décence d’emprunt pourrait-elle, par une ruse de la Providence, devenir le point de départ de quelque chose de plus authentique?

