« L’âme des hommes doit être remplie d’angoisse par des crimes inexplicables et en apparence absurdes… Des crimes dont leurs exécutants mêmes ne comprennent pas le sens… Des crimes qui ne profitent à personne, qui n’ont d’autre but que de propager la peur et l’angoisse !… Car le but ultime du crime est de préparer l’empire absolu du crime, un état d’incertitude et d’anarchie fondé sur la destruction des idéaux d’un monde voué à la destruction. Quand les hommes seront dominés par la terreur, rendus fous d’épouvante, quand le chaos sera la loi suprême, l’heure de l’empire du crime sera arrivée. » — « L’Empire du Crime » in Le testament du Dr Mabuse de Fritz Lang (1933) Observe. Analyse. Intervient.L’Antipresse ne dort jamais. Restons en contact! J’y vais! Merci! Nous vous envoyons de ce pas un message de confirmation!
La Suisse ou le pivot du monde (1)
Pendant plus de mille ans, l’Occident fut le centre du monde. Et ce centre avait un cœur d’où descendaient ses eaux et par où passaient ses routes capitales: la Suisse. Si la civilisation globale, comme l’a dit l’historien Nicolas Troubetzkoy, est une invention de *l’égocentrisme romain-germanique*(1), le bloc alpin peuplé par les Suisses a joué un rôle essentiel dans cette invention. Un pays doté d’une histoire et d’une personnalité aussi singulières peut-il se noyer dans le marasme ambiant? Ses propres dirigeants, aujourd’hui, semblent penser que oui. On peut juger leur empressement à s’autoeffacer un peu… prématuré.