Un procureur tout-puissant exerçant aussi les fonctions de juge et bourreau. Un policier amnésique qui ne se rappelle plus rien, pas même à qui il a bien pu confier son arme de service. Un député, candidat à la mairie, flanqué au cachot sous une cascade d’accusations imaginaires, terrorisé et soumis à chantage afin de «donner» un ministre. Et des journalistes qui ne se contentent pas d’assister à la séance de waterboarding, mais qui ajoutent encore de l’eau dans les narines de l’accusé. Ce n’est pas le résumé d’une série sur la Gomorra ou d’un film de Costa-Gavras. Cela s’est passé près de chez vous, dans la plus proprette des démocraties.
La décivilisation comme réalité
L’opinion mondiale a été choquée par le kidnapping d’un chef d’État en exercice moyennant une centaine de morts civiles et militaires. Pourtant ce n’est pas une nouveauté. Ce serait plutôt, à vrai dire, l’expression d’une routine.

