L’impudence dans la naïveté

par | 11.08.2024 | En accès libre, Pain de méninges

Il n’y a rien de plus vexant que d’être, par exemple, riche, de bonne famille, d’extérieur avenant, passablement instruit, pas sot, même bon, et de n’avoir néanmoins aucun talent, aucun trait personnel, voire aucune singularité, de ne rien penser en propre; enfin, d’être positivement «comme tout le monde». On est riche, mais pas autant que Rothschild; on a un nom honorable, mais sans lustre; on se présente bien, mais sans produire aucune impression; on a reçu une éducation convenable, mais qui ne trouve pas son emploi; on n’est pas dénué d’intelligence, mais on n’a pas d’idées à soi; on a du cœur, mais aucune grandeur d’âme; et ainsi de suite sous tous les rapports.

Il y a, de par le monde, une foule de gens de cet acabit, plus même qu’on ne le saurait croire. Ils se divisent, comme tous les hommes, en deux catégories principales: ceux qui sont bornés et ceux qui sont «plus intelligents». Ce sont les premiers les plus heureux. Un homme «ordinaire» d’esprit borné peut fort aisément se croire extraordinaire et original, et se complaire sans retenue dans cette pensée. Il a suffi à certaines de nos demoiselles de se couper les cheveux, de porter des lunettes bleues et de se dire nihilistes pour se persuader aussitôt que ces lunettes leur conféraient des «convictions» personnelles. Il a suffi à tel homme de découvrir dans son cœur un atome de sentiment humanitaire et de bonté pour s’assurer incontinent que personne n’éprouve un sentiment pareil et qu’il est un pionnier du progrès social. Il a suffi à un autre de s’assimiler une pensée qu’il a entendue formuler ou lue dans un livre sans commencement ni fin, pour s’imaginer que cette pensée lui est propre et qu’elle a germé dans son cerveau. C’est un cas étonnant d’impudence dans la naïveté, s’il est permis de s’exprimer ainsi; pour invraisemblable qu’il paraisse, on le rencontre constamment.

— Fiodor Dostoïevski, L’idiot.

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