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Quoi de plus réaliste, que cette «mutation», le «nouvel homme»? Il est l’homme sans racine, discontinu avec un passé que le Nihilisme a détruit, la matière première du rêve de tout démagogue; Le «penseur libre» et le sceptique, fermé seulement à la vérité mais «ouvert» à chaque nouvelle mode intellectuelle car il n’a pas de fondement intellectuel; Le «chercheur» après une «nouvelle révélation», prêt à croire quelque chose de nouveau parce que la vraie foi a été anéantie en lui; Le planificateur et l’expérimentateur, adorant le «fait» parce qu’il a abandonné la vérité, voyant le monde comme un vaste laboratoire dans lequel il est libre de déterminer ce qui est «possible»; L’homme autonome, prétendant à l’humilité de ne demander que ses «droits», mais plein de fierté qui attend que tout lui soit donné dans un monde où rien n’est autoritairement interdit; L’homme du moment, sans conscience ni valeurs, et donc à la merci du «stimulant» le plus fort; Le «rebelle», détestant toute la retenue et l’autorité parce qu’il est lui-même son propre et unique dieu; «L’homme de masse», ce nouveau barbare, «complètement réduit» et «simplifié» et capable uniquement des idées les plus élémentaires, mais méprisant celui qui présume de souligner les choses supérieures ou la vraie complexité de la vie.

— Father Seraphim Rose, Nihilism. Trad. française de Claude Lopez-Ginisty.