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On m’avait que j’allais contribuer à nourrir la réflexion des extrêmes. Que je serais un faire-valoir, le plumitif dévoué garant du politiquement correct! Que je serais le vassal de l’Ogre!

L’Ogre?

Le Rédacteur en chef. L’omniprésent, l’omnipotent, l’omniscient.

Depuis vingt ans que j’exerce cette profession, j’en ai connu. Tant.

Tant de couards qui après l’appel d’un gouvernant renoncent à leur édito et se confondent en excuses.

Tant d’incarnations de la duplicité qui jurent et parjurent aussi vite que la lumière se répande.

Tant de tartuffes pour qui le mot-vérité est une équation plurifactorielle protéiforme évolutive.

Jamais l’Ogre ne m’a dit que penser ni comment penser.

Jamais il ne m’a bridé, ni à l’instar de Shakespeare n’a considéré que la fulgurance qui m’habite s’avérait dangereuse.

Corrigé grammaticalement et lexicalement certes. Mais c’est tout.

Et c’est déjà beaucoup.

Exigeant, motivant, parfois cinglant, il est… mon Ogre.

L’Antipresse: c’est lui et moi tout simplement.

  • Article de Sébastien Fanti paru dans la rubrique «Futurisk» de l’Antipresse n° 200 du 29/09/2019.