Si, à force de discipline, on cherche à se rappeler des choses de la veille; englouties déjà dans la nuit, on découvre des merveilles. Car on perçoit alors la trace lumineuse laissée par le passage, par la transmission de ce que je n’ai plus, que j’avais encore il y a peu; et je me souviens aussi du lieu (du lieu temporel) où je savais encore; plus loin en moi, je découvre encore une sorte de forme remplaçant les choses qui m’ont échappé. Et si quelqu’un me raconte alors ces choses (étant entendu que je ne les ai pas fait ressurgir par moi-même; le cas du souvenir direct, dans sa simplicité, ne mérite pas qu’on s’y attarde) je puis dire: «Oui, ce dut être ainsi». Et cela justement parce que ce qu’on me raconte se coule immédiatement dans la forme qui subsistait en moi… Mais lorsqu’on se souvient ou lorsqu’on veut […]
Fin de parcours
Quand on suit l’actualité au quotidien, l’impression générale qui s’en dégage est celle d’un dérèglement croissant. Les anciennes règles n’ont plus cours, et l’on ne peut pas non plus dire que de nouvelles règles soient venues les remplacer, à plus forte raison encore lesquelles. On est donc dans le dérèglement — les règles qui se défont. Et donc tout part en petits morceaux.