Pain de méninges
L’ère de la panique
Dans les années où nous sommes, quand on s’entretient avec ses amis ou avec des inconnus, en quelque lieu de l’Europe, la conversation ne tarde guère à se porter sur l’ensemble de notre situation et leur détresse se révèle dans toute sa profondeur. On constatera que... lire plusLa conscience, c’est la douleur
Voilà donc le problème de l’homme: pour chaque élévation de la conscience, il y a un prix à payer. Nous ne pouvons être plus sensibles au plaisir sans être plus sensibles à la douleur. En nous souvenant du passé, nous pouvons planifier l’avenir. Mais la capacité à... lire plusLes pires parmi les hommes
Les flagorneurs, selon moi, sont les pires personnes au monde, les plus nocives et les plus corrompues. Ils soutiennent tous les pouvoirs, ils sont le pouvoir, ils sèment la peur sans pitié, sans aucun égard, froids comme la glace, acérés comme une lame, fidèles comme... lire plusMisère du rationalisme
Pourtant, s’il doit y avoir une autre solution que la technocratie, il faut que soit mis en question ce rationalisme amoindrissant que dicte la conscience objective. Tel est, je l’ai dit, le projet essentiel de notre contre-culture: proclamer un nouveau ciel et une... lire plusDésespoir tranquille
La masse des hommes mène une vie de désespoir tranquille. Ce qu’on appelle la résignation est un désespoir confirmé. De la ville désespérée, on passe à la campagne désespérée, et on doit se consoler avec la bravoure des visons et des rats musqués. Un désespoir... lire plusShakespeare, ou la destinée humaine à l’état brut
Le malheur pour notre littérature dramatique est l’énorme différence entre intelligence et sagesse. Là où les auteurs dramatiques commencèrent à penser, ils commencèrent à construire. Shakespeare n’a pas besoin de penser. Il n’a pas non plus besoin de construire. Chez... lire plusSavoir se faire aimer
C’est beaucoup d’être admiré, mais c’est encore plus d’être aimé. La bonne étoile y contribue quelque chose, mais l’industrie tout le reste ; celle-ci achève ce que l’autre ne fait que commencer. Un éminent mérite ne suffit pas, bien que véritablement il soit aisé de... lire plusDésarroi & dissociation
L’homme contemporain soutient sa croyance au prix d’un remarquable défaut d’introspection. Il ne voit pas que, malgré son raisonnement et son efficacité, il est toujours possédé par des «puissances» qui échappent à son contrôle. Ses dieux et ses démons n’ont pas du... lire plusCette aliénation qu’on appelle Liberté
Dans le régime parlementaire, le peuple n’exerce pas le pouvoir. Il ne fait plus de lois, il ne gouverne plus, il ne juge plus. Mais il dépose un bulletin dans l’urne, sorte d’opération magique par laquelle il s’assure d’une liberté qui n’est plus dans ses actes quotidiens. C’est sous la forme de la démission que se manifeste la vie politique: démission du peuple entre les mains de ses représentants, démission de la majorité parlementaire entre les mains de son gouvernement, démission du gouvernement devant la nécessité politique incarnée par les grands commis de l’administration. En régime parlementaire, l’abdication de la volonté populaire se fait en détail et pour un temps limité entre les mains de quelques-uns. Dans le régime totalitaire, elle se fait d’un seul coup entre les mains d’un seul. […] Ce qu’il y a de grave ce n’est pas l’acte de céder à l’État qui est inévitable, mais […]