
Slobodan Despot
Fondateur / Directeur / Rédacteur
Son nom n’est pas un pseudonyme! Suisse d’origine serbo-croate, Slobodan Despot a baigné dans le livre toute sa vie. Traducteur, directeur de collections puis directeur adjoint des éditions L’Age d’Homme, il a été le cofondateur en 2006 des éditions Xenia, qu’il dirige actuellement. Il a traduit une trentaine de livres de quatre langues et collaboré à la publication de centaines d’autres.
Dans ses nombreuses vies parallèles, Slobodan Despot a été photographe, directeur de magazines, porte-parole de Franz Weber, conseiller en communication, parolier et surtout romancier (Le Miel et Le Rayon bleu, aux éditions Gallimard).
« Les peuples où les hommes pensent que la littérature n’est qu’un loisir sont des peuples perdus. La littérature est un plaisir, mais non un loisir ni une distraction. La littérature, c’est la sève même de la vie, restituée de manière infalsifiable. La littérature ment en permanence pour dire le vrai, mais un écrivain qui ment à son lecteur n’est pas un bon écrivain et ne restera pas. La sincérité totale est la première vertu d’un auteur. C’est sans doute pourquoi Victor Hugo écrivait nu. »
«Hommes sans littérature, hommes sans échine», Antipresse n° 22, 1.5.2016.
Les articles de Slobodan Despot
Le délit de sale gueule médiatique tel qu’on le pratique
Le 1er mars 2016, le conseiller d’Etat (ministre du gouvernement) Oskar Freysinger, chef du département de la Formation et de la Sécurité du Valais, présentait une brochure bilingue contenant dix thèses sur l’école, très brièvement explicitées. La plupart des médias ont correctement informé sur cette initiative peu ordinaire en Suisse. D’autres en ont profité pour alimenter leur campagne de dénigrement systématique à l’égard de Freysinger, par ailleurs seul ministre UDC dans les gouvernements de Suisse romande.
Botho Strauss: la disparition de la civilisation allemande
Botho Strauss est l’un des plus grands écrivains, dramaturges et hommes de théâtre de l’Allemagne moderne. Avec Heiner Müller, il est aussi l’auteur allemand le plus joué en Europe. De sensibilité post-moderne, Strauss s’était distingué en 1993, peu après la réunification allemande, par une récusation retentissante du modèle de société où il vivait. *Une tragédie qui enfle* ([*Anschwellender Bocksgesang*]) lui valut des torrents de polémique et de haine. Il y déplorait l’aplatissement culturel et humain de l’Europe moderne, la disparition du religieux, du mythe, de l’héroïsme et annonçait un avenir de conflits.
Vingt-deux ans plus tard, en novembre dernier, il enchaînait sur son manifeste avec un essai plus sombre encore, que nous proposons ici en exclusivité française. Il s’agit d’un texte bouleversant et d’une haute tenue littéraire sur la «table rase» de civilisation que représente l’imposition d’une société du mélange imposé par la tyrannie de l’économisme. La traduction est de notre ami Antonin Moeri, écrivain de race et grand connaisseur de la culture allemande. Les sous-titres sont de la rédaction.
Caroline Galacteros : « La crise des migrants est un clou dans le cercueil des utopies européennes »
Docteur en Science politique, Caroline Galacteros-Luchtenberg a enseigné la stratégie et l’éthique à l’Ecole de Guerre et à HEC. Polémologue, spécialiste de géopolitique et d’intelligence stratégique, auteur d’une chronique sur [lepoint.fr](http://www.lepoint.fr/invites-du-point/caroline-galacteros/) et du blog [*Bouger les lignes*](http://galacteros.over-blog.com), elle tient un journal sans fard des conflits du monde actuel. Nous lui avons posé six questions sur les grandes menaces, le terrorisme, l’Occident, la France et la Russie, auxquelles elle a répondu avec audace et netteté.
Heidi et Heida
J’aime la Suisse, et j’aime le lui dire. Le problème, c’est que la Suisse n’aime pas être aimée. Elle se détourne en crispant sa frimousse comme une enfant farouche qu’on essaie d’embrasser. La Suisse se méfie de l’amour. Elle sait qu’elle ne le mérite pas, par conséquent l’amour qu’on lui porte ne peut être que suspect et intéressé. On peut aimer les commodités qu’elle offre aux nantis, sa propreté et son ordre, la ponctualité de ses trains, la blancheur de ses cimes et l’onctuosité de son chocolat. Mais aimer la Suisse *pour elle-même*, quelle folie !
La France et son contraire
La France est la première nation dans l’histoire à avoir été gouvernée, dès 1789, par une utopie scientiste. La Révolution française est liée à ses filleules dans le monde par un filet de sang. Elle-même a commencé par en verser, chez elle, de quoi remplir une mer. Mais, sur le plan historique, elle a surtout injecté dans les esprits l’obsession de l’égalité, la dictature de la Raison et la dynamique du progrès permanent.
Tatiana Gutorova : six questions gênantes sur le mouvement migratoire
Tatiana Gutorova est correspondante de l’agence kazakhe *Tengrinews* en Serbie. Elle a suivi de près, avec une curiosité sans arrière-pensées, le mouvement migratoire qui a traversé le pays en été-automne 2015.
Dans l’un de ses reportages, elle pose et se pose une série de questions simples au sujet de ce phénomène, de toute évidence orchestré à ses yeux. Nous avons traduit ce reportage parce qu’il est représentatif des interrogations de nombreux journalistes extérieurs à l’UE, ayant leur tête sur les épaules et délivrés du fantôme de l’autocensure.
Gérard Conio: de l’*homo sovieticus* àl’*homo democraticus*
Il est professeur, traducteur, essayiste, grand connaisseur de la Russie soviétique et des avant-gardes du XXe siècle. Il a été le codirecteur de la grande collection des « Classiques Slaves » aux éditions L’Age d’Homme. Ces jours-ci, Gérard Conio publie un essai préfacé par Michel Onfray qui n’est pas provocateur que par son titre : [*Théologie de la Provocation*](http://www.laprocure.com/theologie-provocation-causes-enjeux-principe-totalitaire-gerard-conio/9782940523214.html) (éditions des Syrtes).
A pieds nus contre la dictature numérique
Retour de conférence — ou de prédication — d’un monstre sacré de la lutte pour la liberté informatique: Richard Stallman
Fin de partie en Ukraine : le maquillage coule
La diffusion par [Canal Plus](http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3357-c-special-investigation.html), le 2 février, du reportage de Paul Moreira sur la révolution ukrainienne a été un événement majeur — et extrêmement révélateur — dans le paysage audiovisuel français.
Jacques Audiard, explorateur des zones où la République ne met plus les pieds
La puissante œuvre cinématographique de Jacques Audiard faisait l’objet d’une rétrospective au 9e Festival du cinéma et de la musique de Küstendorf. Son dernier film *Dheepan* (Palme d’Or à Cannes 2015), nous a impressionnés.
L’utopie de Kusturica, citadelle de la résistance artistique
Visite dans l’une des rares utopies réalisées au monde: la «Ville de bois» du grand réalisateur Emir Kusturica. Perdue dans les montagnes entre Serbie et Bosnie, une académie de l’insoumission!
Xavier Moreau, la Russie vue de l’intérieur
Xavier Moreau, homme d’affaires et essayiste français établi en Russie, cofondateur du site [Stratpol.com](www.stratpol.com/), a réussi une remarquable percée avec son dernier ouvrage [*Ukraine, pourquoi la France s’est trompée*](http://www.chez-mon-libraire.fr/livre/9782268076386-ukraine-pourquoi-la-france-s-est-trompee-xavier-moreau/) (éd. du Rocher), réimprimé après quelques semaines seulement.