Littérature
«Souvenirs de la maison des morts» de Dostoïevski
Echappant de justesse au peloton d’exécution, Fédor Dostoïevski a passé quatre dures années dans un bagne de la Russie tsariste. Il en a tiré l’un des témoignages humains et littéraires les plus poignants de tous les temps… mais aussi une prophétie pour le siècle suivant.
2035 ou les nouvelles infortunes de la Vertu
La Justine en nous a toujours besoin de «faire quelque chose» face aux malheurs du monde. Cependant que Juliette, sa sœur délurée, suscite et entretient ces mêmes malheurs pour son plaisir et son profit. C’est malheureux à dire, mais nul mieux que Sade n’a résumé la perversion de l’Européen moyen.
Les ciels d’avant
La littérature des lieux, dite «régionale», est une littérature édénique. Elle infuse le macrocosme dans le microcosme. Elle ramène l’univers aux dimensions d’un domaine arpentable. Elle ordonne le chaos quand la littérature des dîners en ville s’emploie à le glorifier. Elle s’appuie si fort sur la nature que nous ne pouvons la survoler en touristes. C’est une littérature de la grande santé.
«Le colonel Stankiewicz» d’Eustachy Rylski
Le colonel s’impose à nous et nous tient en respect. On ne peut pas non plus affirmer qu’il est cynique et inhumain. Au contraire…
Le Grand Nivellement
Versons quelques larmes… et puis ne faisons rien. Cela vous fait penser à quelque chose? La stérile et complice déploration des libéraux face aux progrès du Mal ne date pas d’hier. Elle s’est même incarnée au XIXe siècle dans des personnages hauts en couleur.
«Le malheur indifférent» de Peter Handke
Est-il tenable de convertir en exploration littéraire le suicide de sa propre mère? Handke a eu le courage de s’y essayer.
Du «monde d’hier» au «monde d’aujourd’hui»
Inscrits dans la durée, les changements de civilisation les plus violents paraissent parfois imperceptibles à ceux qui les vivent. Comment repérer et éprouver la métamorphose des époques? Par exemple, en rapprochant les partis pris des intellectuels d’hier avec ceux de la classe «éclairée» d’aujourd’hui.
«Guerre» de Céline
Constamment, dans ce livre, la langue se fait chair et l’argot est un cri des tripes qu’il crache à la figure des planqués, des gradés ou des médecins qui jamais ne pourront comprendre la souffrance des hommes du front.