Médias
Nommons les spectres
1933, c’est le chiffre clef de nos laveurs de cerveaux! C’est l’horizon indépassable de leur analyse politique, c’est le résultat chiffré de tous leurs décryptages, et c’est même leur indice de quotient intellectuel (si l’on n’oublie pas de mettre une virgule au milieu).
La philosophie d’Antipresse
Le premier numéro d’Antipresse est paru le 6 décembre 2015. Nous en sommes au vingt-septième et je reste seul rédacteur en compagnie de notre dessinatrice, Maëlle. J’ai cru bon de rassembler ici les observations notées à la diable au fil de ces sept mois de travail acharné et d’échanges scintillants avec nos lecteurs.
lire plusHenri-Louis Matter, ou comment la Suisse ignore ses génies
Cette semaine, je vais vous parler de quelqu’un dont on ne parle jamais. Parce qu’en Suisse, la notoriété ne touche que les artistes communs, malléables et naturellement « presso-compatibles ». Bref, des créateurs spécialisés dans leur propre service après-vente et qui ont la particularité de prémâcher le travail des plumitifs de service.
Debout les filles!
Les contes de fées ont beaucoup à nous apprendre. Le rêve et la légende habillent souvent les réalités les plus féroces de la vie et nous aident à les accepter. Leur fantaisie recouvre une école de réalisme. L’abandon de la transmission spontanée, familiale, des contes traditionnels est l’une des causes du déphasage des générations nées dans la société industrielle et de leur besoin de plier le monde à leur vue, plutôt que d’ajuster leur dioptrie à la dimension du monde.
Djoko, l’homme que les médias adorent détester
Imaginez un instant que notre *Rodgeur* Federer national soit en passe de battre un nouveau record mythique ! Que d’encre et de bons sentiments couleraient dans la presse du monde entier ! Très vite, on friserait même l’écœurement… Pourtant, des records légendaires ont été atteints cette semaine dans la discrétion la plus absolue. Il faut dire qu’on les doit à Novak Djoković, l’homme que les médias adorent détester, le plus mal aimé de tous les grands champions.
Les escroqueries financières de l’Oncle Tom
J’aime l’Amérique – mes deux prochains romans lui sont dédiés. Et j’ai découvert les Américains sur les routes, des mois durant, voyageant _coast to coast_. Pourtant, j’éprouve régulièrement des colères noires en épluchant les rares articles de la presse internationale qui radiographient vraiment les politiques à géométries variables des États-Unis et d’une administration d’autant plus autiste qu’elle est cloîtrée en permanence à Washington.
La fête à Satan
Le 16 mars dernier, j’ai participé à un débat télévisé sur l’attitude de la Suisse face à l’afflux des migrants. On m’avait prévenu avant l’émission que je serais un peu isolé dans mon « camp ». J’aurais eu de la peine à définir précisément ce qu’était mon « camp », mais on se comprenait.
Botho Strauss: la disparition de la civilisation allemande
Botho Strauss est l’un des plus grands écrivains, dramaturges et hommes de théâtre de l’Allemagne moderne. Avec Heiner Müller, il est aussi l’auteur allemand le plus joué en Europe. De sensibilité post-moderne, Strauss s’était distingué en 1993, peu après la réunification allemande, par une récusation retentissante du modèle de société où il vivait. *Une tragédie qui enfle* ([*Anschwellender Bocksgesang*]) lui valut des torrents de polémique et de haine. Il y déplorait l’aplatissement culturel et humain de l’Europe moderne, la disparition du religieux, du mythe, de l’héroïsme et annonçait un avenir de conflits.
Vingt-deux ans plus tard, en novembre dernier, il enchaînait sur son manifeste avec un essai plus sombre encore, que nous proposons ici en exclusivité française. Il s’agit d’un texte bouleversant et d’une haute tenue littéraire sur la «table rase» de civilisation que représente l’imposition d’une société du mélange imposé par la tyrannie de l’économisme. La traduction est de notre ami Antonin Moeri, écrivain de race et grand connaisseur de la culture allemande. Les sous-titres sont de la rédaction.
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