
Slobodan Despot
Fondateur / Directeur / Rédacteur
Son nom n’est pas un pseudonyme! Suisse d’origine serbo-croate, Slobodan Despot a baigné dans le livre toute sa vie. Traducteur, directeur de collections puis directeur adjoint des éditions L’Age d’Homme, il a été le cofondateur en 2006 des éditions Xenia, qu’il dirige actuellement. Il a traduit une trentaine de livres de quatre langues et collaboré à la publication de centaines d’autres.
Dans ses nombreuses vies parallèles, Slobodan Despot a été photographe, directeur de magazines, porte-parole de Franz Weber, conseiller en communication, parolier et surtout romancier (Le Miel et Le Rayon bleu, aux éditions Gallimard).
« Les peuples où les hommes pensent que la littérature n’est qu’un loisir sont des peuples perdus. La littérature est un plaisir, mais non un loisir ni une distraction. La littérature, c’est la sève même de la vie, restituée de manière infalsifiable. La littérature ment en permanence pour dire le vrai, mais un écrivain qui ment à son lecteur n’est pas un bon écrivain et ne restera pas. La sincérité totale est la première vertu d’un auteur. C’est sans doute pourquoi Victor Hugo écrivait nu. »
«Hommes sans littérature, hommes sans échine», Antipresse n° 22, 1.5.2016.
Les articles de Slobodan Despot
La Suisse, cette démocratie qui a existé (2)
L’identité si partiaculière de la Suisse s’est construite depuis sept siècles sur la résistance aux empires environnants. Elle a été scellée dès 1815 par la doctrine de la neutralité perpétuelle et armée. L’intégration actuelle du pays au bloc occidental équivaut ainsi à une négation de sa raison d’être même.
Ecole immature
Le problème, dans nombre de nos écoles modernes, est que l’État, qui est contrôlé de façon si stricte par le petit nombre, laisse les bidouillages et les expérimentations se déployer directement dans les salles de classe sans jamais être passés par le Parlement, la...
2025, l’été de la haine
Marko Perković dit Thompson est un phénomène de la scène musicale européenne. Il vient de rassembler un demi-million de fans à Zagreb. On est dans les dimensions de Woodstock, festival couronnant les étés de l’Amour hippies. Sauf qu’en 2025, le Woodstock croate couronne une série d’étés de la Haine, série ininterrompue depuis la fin des années 1980.
Terre cuite
Il est nécessaire de s’aventurer souvent, seul, dans la nature. On y fait des rencontres étonnantes, à commencer par soi-même. On y découvre d’ailleurs que chaque autre marcheur nous ressemble un peu.
La caste belliqueuse
De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes ni leurs bras; c’est le paysan qui est la chair à canon, et quant à eux, ils ne contribuent aux...
La guerre d’Ukraine n’aura pas de fin
Elle ne fera que se diluer dans le paysage. Jusqu’à l’implosion de ses commanditaires. Ou au bouquet final…
L’énigme des rêves de pierre
Un homme seul et malade, en Floride, a construit un château de corail, le Coral Castle, pesant plus de 1000 tonnes. A ce jour, personne n’a su expliquer comment. La manière dont cette énigme a été glissée sous le tapis est révélatrice d’un certain mode de pensée «scientifique».
La Suisse, cette démocratie qui a existé
Dans le sillage de ma série sur «la démocratie, le régime qui n’existe pas», le rédacteur en chef m’a signalé l’intérêt que pourrait avoir, pour les lecteurs étrangers de l’Antipresse, une plongée dans les origines et l’esprit des institutions helvétiques. J’ai donc rédigé ce texte comme un préambule. Il s’appuie fortement sur l’histoire, afin d’y retrouver ce qui, jadis, a donné forme et sens à ces institutions — et à l’attachement profond qu’elles ont suscité.
Extension du domaine de la défaite
La mémoire collective efface souvent les instants initiaux d’un grand événement historique. J’ai donc voulu consigner, pour la chronique des temps, les premiers jours du grand conflit Israël-Iran. Mais je me suis aperçu au fil de l’écriture que ces premiers jours portaient déjà en germe l’aperçu de la fin.
«Kyoto» de Yasunari Kawabata
Lorsque Kawabata reçut le prix Nobel, il déclara que son œuvre cherchait à embellir la mort et à rechercher l’harmonie entre l’homme, la nature et le vide. Une ambition poétique et philosophique atteinte par son œuvre.
Le livre n’est pas un produit
C’est une absurdité de croire qu’il faille absolument lire tous les livres que l’on achète, tout comme il est ridicule de reprocher à quelqu’un d’acquérir plus de livres qu’il n’en pourra jamais lire dans une vie. Ce serait comme dire qu’il faut utiliser tous les...
Des hommes dans des flacons
Chaque fois qu’il prononçait le mot État, le Mage se mettait debout, faisait un salut militaire grotesque. Puis, levant l’index droit, il dit d’une voix de prédicateur: «Voilà ce que vous allez devenir, messieurs, si vous vous laissez manipuler par les collectivistes,...