Une époque comme… la nôtre

«En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots. L’audace irréfléchie passa pour un courageux dévouement à l’hétérie; la précaution prudente pour une lâcheté qui se couvre de beaux dehors. Le bon sens n’était plus que le prétexte de la mollesse, une grande intelligence, qu’une grande inertie. La violence poussée jusqu’à la frénésie était considérée comme le partage d’une âme vraiment virile; les précautions contre les projets de l’adversaire n’étaient qu’un honnête prétexte contre le danger. Le violent se faisait toujours croire; celui qui résistait à ces violences se faisait toujours soupçonner. Dresser des embûches avec succès était preuve d’intelligence; les prévenir, d’habileté plus grande. Quiconque s’ingéniait à ne pas employer ces moyens était réputé trahir le parti et redouter ses adversaires. En un mot, devancer qui se disposait à commettre un mauvais coup, inciter à nuire qui n’y songeait pas, cela valait […]

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Albert Caraco: «Arpenter notre évidence»

C’était peut-être l’auteur le plus singulier, le plus mystérieux, le plus dérangeant de toute la galaxie des provocateurs qu’hébergeaient les éditions L’Age d’Homme. Sa découverte fut un choc qui changea, littéralement, ma vie en ébranlant toutes les croyances qui me soutenaient. Fils de la grande bourgeoisie juive réfugié avec ses parents en Amérique du Sud et baptisé catholique, Albert Caraco revint en Europe en 1946 pour découvrir les ravages de l’idéologie — ainsi que sa propre appartenance qu’on lui avait cachée par précaution. Il passa le reste de sa vie à écrire des livres insoutenables destinés à des lecteurs proprement héroïques. Chrétienté, judaïsme, démocratie, science, psychologie, sexologie… tout y passa, sans pitié, sans concessions. Comme Cioran, il revendiquait le désabusement total. A la différence de lui, il fut conséquent et s’ôta la vie au lendemain de la mort de son père. Albert Caraco n’avait vécu que par affection pour ses […]

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Mécontentement de soi et crédulité

Il semble y avoir quelque lien entre le mécontentement de soi et la disposition à la crédulité. Le besoin d’échapper à son vrai moi est aussi un besoin d’échapper à la rationalité et à l’évidence. Le refus de nous voir tels que nous sommes entraîne un dégoût à l’égard des faits et de la froide logique. Il n’y a pas d’espoir pour les frustrés dans le réel et le possible. Le salut ne peut leur arriver que du miracle, qui filtre à travers les failles du mur de l’inexorable réalité. Ils demandent à être trompés… La règle semble être que ceux qui s’illusionnent aisément sont aussi aisément trompés par d’autres. — Eric Hoffer.

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Nato Lex Sed Lex

Nato Lex Sed Lex

Nous avons décidé de remonter à la source technologique de *Decodex* fournie par Google. Partant de la direction du *Monde* (sans jeu de mot), nous avons débouché sur un terrain de jeu militaire… et tentaculaire.

La presse nous a «toujours» menti

La suspicion à vie à l’égard de la presse était un fruit durable de l’expérience de la guerre chez l’homme ordinaire. On pourrait même dire que l’actuelle dévaluation de la presse imprimée et du langage en soi remonte à la Grande Guerre. Parlant de la Somme, Montague observait en 1922: «La plus sanglante défaite dans l’histoire de la Grande-Bretagne… pouvait survenir… le 1er juillet 1916, et notre Presse s’avancer, plate et bavarde et graphique, avec rien à dire sinon que nous n’avions pas eu la meilleure des journées — une victoire pour ainsi dire. Des hommes qui avaient survécu au massacre lisaient les articles bouche bée… Ainsi en arrive-t-on à ce que chacun de ces millions d’ex-soldats lise… avec cette maxime à l’esprit: “On ne peut croire un mot de ce qu’on lit“.» — Paul Fussell, The Great War And Modern Memory, trad. Slobodan Despot. Signalé par @wrathofgnon

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